Transit de Vénus du 5 Juin 2012

English version available here: http://surlarouteagain.wordpress.com/2012/06/12/june-2012-san-francisco-and-transit-of-venus/

“L’Homme qui vivra mille ans est probablement déjà né(e)”

Aubrey David Nicholas Jasper de Grey

“Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’aluminium…”

Moi

Le 5 Juin 2012 (5 Juin après midi aux Etats-Unis ou 6 Juin au matin en Europe pour être précis) avait lieu un événement astronomique extrêmement rare: un transit de Vénus. Si vous l’avez manqué, vous pouvez toujours espérer que Aubrey David Nicholas Jasper de Grey ait raison (cf citation en haut de page) pour que vous puissiez profiter du prochain transit de Vénus qui aura lieu en … 2117 ! Et si vous avez des doutes quand à votre présence sur la terre dans 105 ans, pas de panique, ce blog est là pour vous faire vivre l’événement comme si vous y étiez.

Commençons par le commencement : qu’est-ce qu’un transit de Vénus ? Rien à voir avec des problèmes intestinaux divins… Il s’agit tout simplement du passage de la planète Vénus entre la Terre et le Soleil, Vénus apparaît alors en ombre chinoise devant le disque du soleil. Vous savez certainement que Vénus est la deuxième planète du système solaire en partant du soleil, juste avant la Terre. Mais saviez-vous que toutes les planètes orbitent dans un plan (appelé le plan de l’écliptique) ? Autrement dit: le système solaire est plat … ou du moins presque plat. Les petites différences d’inclinaison dans l’orbite des planètes font que la plupart du temps, lorsque Vénus double la Terre dans sa course autour du Soleil (oui, plus une planète est proche du Soleil plus elle tourne vite – dans le cas de Vénus une révolution autour du Soleil équivaut à 224 jours terrestres) elle passe juste au dessus ou en dessous du Soleil. Mais environ tous les 100 ans les différences d’inclinaison des orbites de Vénus et de la Terre se compensent de telle sorte que Vénus traverse la surface du Soleil, vu depuis la Terre.

Voilà, avec ça vous pouvez briller dans les prochains dîners mondains… Et si vous n’avez toujours pas compris : http://fr.wikipedia.org/wiki/Transit_de_V%C3%A9nus

Revenons à nos moutons… Nous sommes au début de l’an de grâce 2012, je réalise que cette année va être riche en événements astronomiques, dont le transit de Vénus que je ne veux absolument pas louper puisque je n’aurai pas la patience d’attendre le prochain en 2117. Je décide donc de planifier un voyage vers une des régions les plus propices à l’observation de cet événement : le nord de la Californie. Une bonne occasion de visiter San Francisco, saluer des amis expatriés en Californie et profiter des merveilles de la côte Ouest américaine. C’est donc au bord du Pacifique, à quelques 80 Km au Sud de San Francisco que j’irai poser mes guêtres et mon télescope. Le 5/6 Juin 2012, pour le 68ièm anniversaire du débarquement de Normandie, Vénus avait rendez-vous avec le Soleil, et c’est depuis un petit bout de parking, coincé entre l’océan Pacifique et la mythique autoroute n°1 que j’allais observer ce ballet céleste. A la fin du spectacle, lorsque le Soleil toujours accompagné de Vénus se couchait sur le Pacifique, je pensais au fait que dans 20 minutes ce même Soleil allait se lever sur Lyon en France, annonçant le début d’une journée bien spéciale : le premier anniversaire de mon neveu !

Un petit peu d’histoire

Introduction

S’il vous arrive parfois de lever le nez au ciel, vous avez probablement déjà été émerveillé par la beauté d’une nuit étoilée, l’explosion de couleurs d’un coucher de Soleil ou l’atmosphère si particulière d’une nuit de pleine Lune. Mais vous êtes vous jamais demandé comment les astronomes ont réussi à percer un à un les mystères de l’univers ? Comment a-t-on fait pour calculer la distance de la Terre à la Lune ? Comprendre de quoi sont faîtes les étoiles ? Comprendre ce qui compose le système solaire ?

Tout a vraiment commencé lorsque Ératosthène (http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ratosth%C3%A8ne) proposa la première méthode scientifique de calcul de la circonférence de la Terre. Pour ce faire, il utilisa la différence d’angle de la hauteur du Soleil à un moment donné entre deux villes d’Egypte dont la distance était connue très précisément (allez voir le lien wikipedia pour plus de détails). Par la suite, les astronomes utilisèrent les éclipses de Lune pour estimer la distance Terre-Lune puis d’autres événements astronomiques et astuces pour estimer les distances entre la Terre et le Soleil puis entre la Terre et tous les autres objets connus dans le ciel. Malgré tous leurs efforts, au début du 17iem siècle (soit près de 2000 ans après Ératosthène) les estimations de la distance entre la Terre et le Soleil étaient encore très imprécises. Mais l’observation des transits de Vénus allait bientôt révolutionner tout ça…

De l’intérêt de l’observation des transits de Vénus pour la science …

Le 4 Décembre 1639, Jeremiah Horrocks devenait le premier astronome à observer un transit de Vénus à l’aide d’un télescope. Ses observations lui permirent d’estimer la distance entre la Terre et le Soleil à 95.6 millions de kilomètres. Une nette amélioration par rapport aux calculs d’Aristarque de Samos qui avait estimé cette même distance à ~7 millions de kilomètres … 1800 ans plus tôt et sans télescope (http://fr.wikipedia.org/wiki/Aristarque_de_Samos). Ceci dit, on était encore loin de la véritable distance qui est de 149.6 millions de kilomètres.

C’est Edmond Halley (oui oui, le type qui avait prédit le retour de la comète qui portera son nom mais mourût avant de savoir si il avait raison ou pas…) qui détailla dans deux articles publiés en 1691 et 1716 comment calculer avec précision la distance Terre-Soleil en utilisant les observations du transit de Vénus obtenues depuis deux points éloignés l’un de l’autre sur la Terre. Il ne restait plus qu’à attendre les prochains transits qui auraient lieu en 1761 et 1769 (les transits de Vénus arrivent par paires séparées de 7 ou 8 ans tous les ~105 ans) et envoyer des astronomes observer ça depuis les 4 coins du monde. A l’approche du transit de 1761 l’effervescence était à son comble avec quelques 230 astronomes et explorateurs (dont le célébrissime James Cook) se préparant à observer le transit, certains partant à l’autre bout du Monde pour cela (pour augmenter la précision des calculs il est nécessaire d’avoir des observations depuis deux endroits très éloignés les uns des autres). Malheureusement, les résultats obtenus ne furent pas aussi précis qu’espéré (à cause principalement du phénomène de la goûte noire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ph%C3%A9nom%C3%A8ne_de_la_goutte_noire) mais l’astronome français Jérôme Lalande réussit tout de même (en combinant les données des transits de 1671 et 1679) à estimer la distance Terre-Soleil à environ 153 millions de kilomètres, soit une valeur très proche de la réalité. On notera également que le transit de 1671 permis à l’astronome russe Mikhail Lomonosov de découvrir que la planète Vénus possède une atmosphère.

L’astronome le plus malchanceux de tous les temps…

Guillaume Legentil (Guillaume Joseph Hyacinthe Jean-Baptiste Le Gentil de la Galaisière de son nom complet…) faisait parti des quelques 120 astronomes qui observèrent (ou du moins tentèrent d’observer) le transit de Vénus en 1761. Si son nom est passé à la postérité ce n’est pas qu’il révolutionna la science mais plutôt qu’il établi le record de l’astronome explorateur le plus malchanceux de tous les temps. Voici un bref résumé de son histoire. Le 16 mars 1670 (soit environ un an avant la date du transit … pas question de prendre l’avion à l’époque !) notre ami Guillaume embarque à bord d’un bateau partant de Brest à destination de Pondichéry (une colonie française en Inde). Initialement, le voyage se déroule sans encombre. Mais à l’approche de Pondichéry l’équipage apprend que la guerre a éclatée entre la France et l’Angleterre et que Pondichéry est menacée d’être prise par les anglais (raaa les anglais…). Le Gentil n’a d’autre choix que de retourner à l’île Maurice, sa précédente étape sur le trajet. Mais les vents ne sont pas favorables, le trajet dure trop longtemps et c’est depuis le pont du bateau qu’il doit observer le transit. Autant dire qu’il lui fut impossible de réaliser des mesures précises dans ces conditions. Et sans mesures précises, aucun intérêt scientifique à l’observation. Le Gentil ne se décourage pas et décide de rester dans l’hémisphère Sud jusqu’au prochain transit de Vénus qui aurait lieu dans seulement huit ans (l’histoire ne dit pas si il avait prévu de demander à récupérer en RTT le temps supplémentaire passé à bosser loin de son domicile…). Pour s’occuper, il cartographie les côtes de Madagascar, explore la région de fond en comble et décide de s’installer à Manille pour y observer le transit de 1769. Mais en 1767, à la suite d’un accord de paix entre la France et l’Angleterre, le gouvernement lui ordonne de rejoindre Pondichéry pour y mener les observations. Contre son grès, Le Gentil quitte Manille pour Pondichéry, y construit un observatoire et attend patiemment le jour du transit. 3 Juin 1769, c’est le grand jour ! Depuis une semaine la météo est parfaite, pas un nuage dans le ciel, il semble bien que notre ami Guillaume va enfin être récompensé de tous ses efforts. Mais c’était sans compter sur l’arrivée de nuages dans l’après midi, juste avant le début du transit. Au final, Guillaume Le Gentil ne put rien observer de ce transit, le ciel au dessus de Pondichéry étant couvert de nuages. Comble de malchance, le ciel était limpide ce même jour à Manille, là où il aurait souhaité mener ses observations avant qu’on ne lui ordonne de se rendre à Pondichéry. Il était temps pour lui de regagner l’Europe. Mais l’histoire ne s’arrête pas là… Le chemin du retour est semé d’embûches: tempêtes et maladies le retardent à tel point que lorsqu’il arrive, on le croyait disparu en mer. Après un périple de 11 ans, il revient donc à Paris pour apprendre qu’il a été déclaré légalement mort, avec pour conséquences la dilapidation de son héritage et le remariage de sa femme. Guillaume aura eu la poisse jusqu’au bout.

Finalement, il put retrouver un emploi d’astronome à l’observatoire de Paris, se remaria et vécu heureux (du moins c’est ce qu’on suppose) les 21 années suivantes. Tout de même, qu’elle aventure, quelle abnégation ! Mais surtout: quelle poisse !!! Une histoire dont je ferais bien de me rappeler pour relativiser mon angoisse de rater ma correspondance à l’aéroport de Denver…

Si vous vous intéressez à l’histoire de l’astronomie (ou simplement si vous voulez lire un bon livre) je vous conseille très fortement cet excellent bouquin: ‘Le roman du big bang’ (de Simon Singh). Ca se lit comme un roman policier.

Une bonne partie des infos sur Guillaume Le Gentil provient de ce site internet: http://www.astroevents.no/venushist2aen.html

Planification de ma propre expédition pour le transit de Juin 2012

Le transit sera visible depuis partout aux Etats-Unis. Mais depuis Bloomington (où j’habite actuellement) le Soleil sera déjà bas sur l’horizon lorsque Vénus commencera son passage. Pour voir le maximum de ce phénomène qui dure environ 7 heures il faut aller sur la côte Ouest (ou carrément à Hawai pour tout voir…). Ca tombe bien, j’ai plusieurs amis dans le Nord de la Californie et une furieuse envie de voir le coucher de Soleil sur le Pacifique alors que Vénus sera encore devant le Soleil.

Un week-end à San Francisco

Vendredi 1er Juin 2012 : Je quitte le labo dans l’après-midi pour aller prendre l’avion à Indianapolis. Après une courte escale à Denver j’arrive à San Francisco à 23h, juste à temps pour attraper le dernier BART (le métro/RER local) en direction de Berkeley où je serai hébergé par mes amis Bastien et Mathilde. Ils viennent me chercher à la station de BART et j’apprécie le coup de main pour m’aider à transporter tous les bagages jusqu’à leur appartement. Précisons que je trimbale un peu plus de 50Kg de matos pour l’occasion (trépieds, télescope, appareils photo, …).

Samedi 2 Juin 2012: La journée typique du touriste qui découvre San Francisco. Balade dans les rues aux murs peints, le quartier de la mission (le plus vieux bâtiment de San Francisco), un parc avec une jolie vue sur la ville…

Un petit détour par la fameuse maison bleue de Maxime Le Forestier…

L’après-midi balade sur les quais et sur le Golden Gate Bridge dans la brume. C’était aussi l’occasion de retrouver mon amie Holly (cf http://surlarouteagain.wordpress.com/2011/08/22/climbing-mount-fuji-in-my-very-own-way/), venue de Davis pour flâner avec nous dans les rues de San Francisco.

Après un bon dîner avec mes amis et une bonne nuit de sommeil je suis d’attaque pour une deuxième journée à déambuler dans San Francisco. Cette fois-ci je suis seul et Mathilde m’a prêté son vélo pour que je puisse me déplacer plus efficacement. C’est un véritable régal que de pédaler dans San Francisco, d’autant plus qu’on peut très facilement prendre le vélo avec soi dans le BART pour le trajet de Berkeley à San Francisco (rien à voir avec le métro à Lyon par exemple…). Depuis la station de BART ‘Embarcadero’ il ne me faut que 10 petites minutes pour rejoindre le fameux ‘Fishermans Wharf’ où j’ai rendez-vous pour déjeuner avec Manu et toute sa petite famille (un autre ami rencontré pendant ma thèse à Lyon). Après m’être goinfré de produits de la mer j’ai une heure à tuer avant d’aller prendre le bateau pour l’île d’Alcatraz et sa fameuse prison, devenue une des principales attractions touristiques de la région. Je décide d’occuper cette heure en allant voir la mythique ‘Lombard street’. Mais attention: descendre les virages de Lombard Street, ça se mérite ! Il faut d’abord affronter les pentes bien raides de Hyde street (un bon 30° à vue de nez). Pendant que j’appuie comme un forcené sur les pédales pour gravir la côte je reçois les encouragements des passants sur les trottoirs mais aussi des passagers du tram qui me précède dans cette montée. Je n’avais pas du tout prévu ça mais je dois avouer que j’ai bien apprécié d’être encouragé et photographié comme un coureur du Tour de France gravissant un col hors catégorie. Au sommet de la côte je tourne à gauche pour aller cueillir ma récompense: la descente de Lombard Street à vélo. Un vrai régal d’enchaîner les virages au milieu des bacs à fleurs et sur l’une des rues les plus connues au monde.

Cinq petites minutes de pédalage et me voici arrivé au ponton 33 d’où partent les bateaux pour Alcatraz. La visite est super intéressante et l’audio-guide vraiment très bien fait: je conseille vivement ! (Pensez à réserver à l’avance) C’est un de ces endroits où l’on peut vraiment toucher l’histoire du bout des doigts. Bien sur l’île est surtout connue pour la prison qui abrita entre autre Al Capone, mais son histoire ne s’acheva pas avec la fermeture de la prison puisqu’elle fut occupée par les indiens au début des années 70 dans un mouvement de protestation pacifique (voir: http://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_d%27Alcatraz ).

De retour dans la ville je fais un petit détour pour aller saluer les lions de mer qui se dorent la pilule au soleil sur le quai n°39, à deux pas de l’embarcadère pour Alcatraz.

Il est temps de retourner à Berkeley, faire mes valises et attendre mon ami Bob qui vient me chercher en voiture pour aller à Santa Cruz (~ 1 heure de route au Sud de San Francisco). Sur la route nous pouvons admirer un superbe lever de Lune que j’essaie de photographier sans trop de succès (pas facile de prendre les photos depuis la voiture en mouvement).

Nous arrivons à Santa Cruz juste à temps pour faire les courses avant la fermeture du supermarché local. Après un repas bien copieux à base de sushis, fromage et pizza je vais au lit tout en me demandant: « vais-je avoir le courage de me lever à 4 heures du matin pour observer l’éclipse (partielle) de Lune ? » (oui, il y avait aussi une éclipse de Lune à observer moins de 48 heures avant le transit de Vénus). En milieu de nuit les nuages couvrent en partie le ciel, de toute façon j’étais trop fatigué pour sortir les appareils photos à 4 heures du matin. Des éclipses de Lune, j’en verrai d’autres…

Je passe la journée du Lundi sur le campus de UCSC, essayant tant bien que mal de travailler sur mon ordinateur pendant que la pluie ne cesse de tomber (dommage, je serai bien allé apprendre à faire du surf au lieu de végéter dans la salle café du département de biologie de UCSC).

Mardi : jour du transit ! Ciel bleu, prévisions météos pas mauvaises … on dirait bien que je vais être un peu plus chanceux que Guillaume Le Gentil. Bob doit aller travailler au labo mais sa copine Jaime va me conduire à mon point d’observation: un parking coincé entre l’autoroute n°1 et le Pacifique, à environ 35 Km au Nord de Santa Cruz (Gazos Creek State Beach pour être précis: https://maps.google.com/maps?q=37.166447,-122.36171&ll=37.166199,-122.359827&spn=0.002125,0.004801&num=1&t=m&z=18). Pourquoi cet endroit ? Car je pourrai y voir le coucher de Soleil parfaitement aligné avec le phare de Pigeon Point Lighthouse situé environ 2 Km plus au Nord, histoire d’ajouter un beau premier plan sur mes clichés. J’installe le télescope sur le parking quasiment désert et montre à Jaime le Soleil avec ses filaments et ses protubérances (télescope H-alpha pour les spécialistes qui se demandent, un Lunt LS60 DS pour être précis). Il ne reste plus qu’à attendre environ une heure pour le début du transit. Jaime doit retourner en ville pour un rdv et je me retrouve avec pour seul compagnon le bruit des vagues et des quelques voitures qui passent par là. J’adore cette ambiance de bout du monde. Le vent souffle sans discontinuer et je m’imagine dans la peau des explorateurs partis observer le transit dans l’hémisphère Sud au 18iem siècle.

15h : le transit va bientôt commencer. J’appuie sur le bouton de la télécommande et c’est parti pour cet appareil photo qui prendra une image toutes les 30 secondes pendant les 5 prochaines heures, histoire de faire une petite vidéo en mode time-lapse.

Après quelques minutes je vois enfin le bord de la planète Vénus qui attaque le disque du Soleil. Une sorte de petit pois qui avance doucement mais sûrement devant la surface du Soleil. Ce n’est pas aussi beau qu’une éclipse mais l’événement est historique et je suis fou de joie de voir ça de mes propres yeux.

De temps en temps une voiture s’arrête sur le parking et je discute avec les passagers, leur montre la vue à travers le télescope et pour certains même les aide à prendre des photos avec leur propre appareil photo. Finalement, vers 18h Bob et Jaime sont de retour, ils vont pouvoir profiter de la fin du spectacle. Ca tombe bien, j’aurai besoin d’un petit coup de main pour ne rien rater du coucher de Soleil.

19h30: Il ne reste plus qu’une heure avant le coucher de Soleil. Ca peut sembler beaucoup mais le temps accélère à l’approche des événements importants (ça doit être ça la relativité dont parlait Einstein…) alors je commence à tout préparer pour prendre les photos du coucher de Soleil. Deux appareils photos sur la plage pour prendre les photos du coucher de Soleil avec les vagues du Pacifique en premier plan et un appareil à l’extrémité Est du parking d’où le coucher de Soleil sera exactement dans l’axe du phare. Je me fais aider par Bob et Jaime pour aller installer les deux premier appareils sur la plage. Je peaufine le cadrage, la mise au point, l’exposition et lance la prise d’images automatique (merci les petites télécommandes à 10$ qui permettent de faire prendre à l’appareil des photos à intervalle de temps régulier). Je laisse Bob et Jaime profiter du coucher de Soleil en amoureux depuis la plage et cours à l’extrémité Est du parking prendre les photos avec un troisième appareil photo. Plusieurs autres photographes sont là, l’ambiance est exceptionnelle. On se demande où se placer précisément pour avoir le coucher de Soleil pil-poil dans l’axe du phare. Est-ce que ces nuages au loin vont gâcher le spectacle ? Non, c’est bon, les nuages ne sont pas trop épais, ils ne feront qu’ajouter un peu de couleurs aux images. Le Soleil se rapproche de l’horizon, tout le monde court pour aller se positionner au meilleur endroit et avoir ZE photo du coucher de soleil derrière le phare. Les appareils photos crépitent à tout va, le spectacle est magnifique. Une poignée de minutes de rush et le Soleil est maintenant sous l’horizon, tout le monde regarde avec une certaine anxiété l’écran LCD de son appareil photo pour vérifier si les photos sont réussies (c’est pas le moment de se rendre compte qu’on a oublié de mettre la carte mémoire dans l’appareil…). Je ne veux pas retarder Bob et Jaime, je regarderai ça dans la voiture pendant le trajet de retour vers Santa Cruz. Retour sur la plage pour arrêter la prise automatique des photos des deux autres appareils, on range tout et en route pour un festin de Sushis arrosé à la bière et au saké. Mes photos étaient-elles réussies ? Pas autant que je l’aurais souhaité (dans la précipitation j’ai un peu merdé dans les réglages … c’était un appareil que j’avais emprunté à des amis et je n’y étais pas super habitué) mais dans le lot j’ai réussi à prendre quelques images montrables, comme par exemple celle-ci (ne pas hésiter à cliquer pour aller voir la pleine résolution):

Et pour ceux qui ont la flemme de cliquer sur l’image puis sur le lien pleine résolution, voici une version recadrée et centrée sur le Soleil:

Depuis la plage; le coucher de Soleil était légèrement décalé à gauche du phare, comme vous pouvez le voir sur cette vidéo:

Mais le spectacle devait être de toute beauté, avec de belles couleurs et des reflets jouant sur le sable de la plage pendant que le Soleil plongeait vers l’horizon:

Mission accomplie, il ne me reste plus qu’à ranger tout le matériel dans les valises et après une courte nuit de sommeil Bob m’accompagne à l’aéroport de San Francisco où je vais prendre l’avion du retour, la tête pleine de belles images et de rêves de voyages à venir.

Un grand merci à Bastien, Mathilde, Bob et Jaime pour l’hébergement, le transport et le bon temps qu’on a passé ensemble. Merci à Kristin pour m’avoir prêté son appareil photo !

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3 commentaires pour Transit de Vénus du 5 Juin 2012

  1. ML dit :

    Super ton blog JF ! Il y a même une dédicace pour Val 😉

  2. Ping : June 2012: San Francisco and Transit of Venus | surlarouteagain

  3. isatis dit :

    jf tu es vraiment l’homme de demain les pied sur la terre et la téte dans les étoiles….
    timelaps enormus… je te donne le silex d’or au prochain festival du time laps….
    mille merci compagnero

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